Lettre aux amis du monde entier buveurs de bon vin de Bordeaux... et d'ailleurs

 














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Supplique au Pape
sur la question gourmande
Lionel Poilâne
Une des dernières actions du boulanger Lionel Poilâne a été de tenter de convaincre le Saint Père de la nécessité d’une nouvelle traduction française du "péché" de gourmandise dans les textes pontificaux.
Extraits de la lettre qu’il a fait parvenir au Vatican juste avant sa mort en décembre 2002.

[... ] Parce que ni la religion, ni la philosophie n'apportent la preuve que le gourmand, dans ses pratiques, affecterait les valeurs humaine ou familiale ; et parce qu'enfin, dans ses œuvres pacifistes, le gourmand, supposé 'bon', fait triompher la qualité sur la quantité, avec humilité, nous vous demandons, très Saint Père, sachant que la suppression du septième péché est inconcevable, de modifier sa traduction dans la langue française.

Ce péché traduit dans différentes langues n'a pas la même significatio. Ainsi :
- en anglais "gluttony" signifie gloutonnerie ou voracité ;
- en italien "Gola", qui signifie gorge, suggère goinferie ;
- en espagnol "Gula" veut également dire gloutonnerie ;
- en allemand "lusternheit" s'interprète par l'action de "manger comme un animal qui ne sait pas s'arrêter".

Toute cette famille de mots qui évoquent l'avidité débridée des grandes gorges, des gloutons, des attrape-tout, des avaleurs, des goinfres, des bâfreurs ou des voraces, est très éloignée de notre culture française de la gourmandise qui demeure l'aimable activité du gourmand. L'histoire de ces crus d'exception que sont le Châteauneuf-du-Pape ou le Pape-Clément qui sont présents sur votre table, apporte la preuve éclatante de ce qui précède. Ces crus (élus du Vatican) exigent une expertise "d'éleveur" qui contient toutes les qualités de l'être. La notion de vertu gourmande apparaît là fondée, puisque la qualité s'oppose naturellement à la quantité (ou à l'excès).

Aussi, la présente nous incite à vous suggérer la substitution, dans le texte français, au mot de "gourmandise" celui de "gloutonnerie". Cela aurait l'avantage d'harmoniser la terminologie théologique (bien que l'intempérance semble aussi bien désigner ce qui, en français, est l'excès condamnable).

[... ] Nous sollicitons respectueusement votre aide, très Saint Père, afin de sortir du purgatoire de l'ambiguïté verbale où, depuis des siècles, souffrent les gourmands, et dont les conséquences ne sont pas anodines."

Vous pouvez retrouver cette lettre dans son intégralité et d’autres renseignements sur le site : www.delaquestiongourmande.org

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