Chez Danièle et Jean-Jacques Lobel à Vaucresson,
Daniel Berger, Martine et Bernard Collet, Dominique (Martinaud) et
Pierre Prieu, Ewelina et Bruno Revault, Lincoln Siliakus, Robert Tixier-Guichard
se sont réunis le samedi 20 avril 2002 pour déguster à l'aveugle
cinq vins du "nouveau monde" dont un intrus. Le prix est indiqué (
).
Le cumul des notes (sur 100) a donné le classement suivant :
1. Carmen Reserve 1998 Grande Vidure cabernet sauvignon (Chili)
(14 e)
2. Boland Kelder Pinotage 1999 cabernet sauvignon (Afrique
du Sud) (11 e)
3. Rosemont Estate 1996 Coonawarra cabernet sauvigon (Australie)
(22 e)
4. Rio Santos 2000 Famatima Valle syrah-cabernet sauvignon
(Argentine) (12 e)
5. Terros Douro 2000 (Portugal), l'intrus (7 e)
Impression partagée de générosité alcoolique et de manque de longueur.
Un débat a eu lieu sur la réalité des différences entre ces vins issus
de continents différents, Bernard Collet les trouvant pour sa part
"tous semblables". La rondeur, l'absence d'acidité, le degré alcoolique
communs à ces vins pourraient en effet nous amener à généraliser.
Le Carmen chilien par exemple, est classé premier sans doute
parce qu'il est moins typiquement exotique et qu'il se rapproche du
goût "bordelais" (chilien par sa nature, français par sa conception),
plus perçant, plus végétal. Il n'empêche : notre palais n'est pas
exercé à différencier des vins de grand soleil, titrant 13,5 ou 14°,
produits pour une consommation l'année de la vendange, avec une puissance
envahissante à l'attaque en bouche, masquant apparemment le reste
des facteurs d'appréciation.
Conclusion
Il y a une leçon à tirer avant de déguster à nouveau d'autres vins
du "nouveau" monde, c-à-d l'Amérique du Nord - Canada et USA, côtes
Ouest et Est -; l'Amérique du Sud et Centrale - Argentine, Brésil,
Chili, Colombie, Mexique, Uruguay -; l'Afrique du sud; l'Australie
et la Nouvelle Zélande; continents auxquels peut s'ajouter l'"ancienne"
Asie - Inde, Thaïlande, Corée sud, Japon, Chine qui commencentr à
faire du vin sérieusement (les rieslings chinois sont paraît-il remarquables).
Cette leçon c'est qu'il nous faut nous préparer aux dégustations comme
à un voyage, être plus "thématiques" (géographie, année, cépage, prix,
etc.), et tenter d'élargir nos perceptions sans rechercher obligatoirement
des impressions olfactives et gustatives analogues à celles auxquelles
nous ont habitués les vins récoltés sous notre latitude et dans notre
climat.
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